L’emprise des idées d’extrême-droite à tous les niveaux, face à une société civile qui résiste — Revue du 4 mai 2024



Au sein de notre société, de plus en plus polarisée, des idéologies rivales s’opposent et se confrontent tous les jours. Une mémoire remonte, celle des périodes troubles de l’histoire où l’extrémisme mettait en danger les bases de la démocratie. Une question qui taraude : y sommes-nous ?

D’un côté, les élites politiques et médiatiques, acquises aux idées de l’extrême-droite ou complices par intérêt, renforcent un statu quo qui favorise leurs propres agendas. Dans cette course au pouvoir et à l’influence, la perte des valeurs démocratiques semble être considérée comme une concession acceptable pour ces élites.

C’est ainsi que l’on observe l’emprise de réseaux organisés qui exercent une pression réelle sur les institutions dans le but d’exclure les voix divergentes et de renforcer un statu quo en faveur de leurs propres agendas. Au sein du monde académique, des chercheurs aux intentions louables de promouvoir la connaissance et l’universalisme se confrontent au constat qu’ils ont alimenté les discours de l’extrême-droite et de l’ordre dominant en fournissant des concepts préconçus. Prétendument au nom de la laïcité, la Fédération française de foot décide de réglementer les tenues des joueurs en visant les musulmans.

Les élites politiques et médiatiques ont perdu de vue toute indépendance morale et intellectuelle, reléguant au second plan la valeur démocratique du pluralisme et du débat d’idées. En témoignent la condamnation des étudiants engagés pour le cessez-le-feu et l’application du droit international en Palestine, le traitement hargneux d’élus d’opposition sur les plateaux télé qui ont perdu de vue le rôle de contre-pouvoir de la presse, l’exclusion d’une voix critique au sein d’une institution censée protéger. On le voit aussi dans l’orientation de la radio publique qui renvoie un humoriste, à l’encontre d’une décision judiciaire, et lisse sa programmation comme autant de signes de l’érosion de sa capacité à défendre le droit à l’information et à la liberté d’expression.

De l’autre côté, face à cette force écrasante, la société civile résiste et s’organise pour défendre ces mêmes valeurs et contrer les tentatives de restriction de la liberté d’expression et de marginalisation des voix divergentes. Des individus, des groupes et des mouvements se mobilisent pour défendre les valeurs démocratiques et lutter contre les forces qui cherchent à les restreindre. Des manifestations, des initiatives citoyennes et des actions de solidarité se multiplient, témoignant de la volonté collective de préserver et de promouvoir un espace public inclusif et diversifié.

Une inconnue cependant, amenée dans le débat par un ouvrage important, Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite (Seuil, 2024) du sociologue et politiste Félicien Faury : dans quelle mesure la fracture qui repose sur le rejet de l’autre pourra-t-elle être dépassée au profit des valeurs démocratiques d’égalité, de solidarité et de tolérance ?

Un racisme normalisé?

Chez les électeurs du Rassemblement national (RN), le racisme est assumé. Le sociologue Félicien Faury a mené une étude importante sur les électeurs du Rassemblement National (RN) en région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre 2016 et 2022. Il a rencontré des électeurs appartenant principalement à la petite classe moyenne, qui expriment leur colère et leurs espoirs à travers leur soutien au RN. Faury met en lumière une corrélation entre la domination de classe et le racisme, soulignant que les électeurs du Sud-Est ont tendance à voir leur situation sociale à travers un prisme racial. Ils se sentent notamment menacés par des pressions sociales et résidentielles : en haut, par l’arrivée de retraités prospères ou de riches étrangers, créant une pression immobilière, et en bas, par les quartiers appauvris associés à l’immigration, renforçant leur sentiment de déclassement. « C’est ici un effet important du racisme : ne trouver politiquement scandaleuse que la pression venant du bas de l’espace social, en ignorant ce qu’il y a de politique dans la pression qui leur vient du haut. » L’islamophobie est omniprésente chez ces électeurs, pourtant non pratiquants. Ce sentiment anti-musulman repose sur des stéréotypes négatifs, notamment l’idée selon laquelle ils seraient des « assistés » qui bénéficieraient indûment des revenus du travail via l’impôt et la redistribution. Encouragés dans leurs présupposés par les discours politiques et médiatiques stigmatisants, ils perçoivent comme une menace la présence de musulmans dans certains quartiers populaires, les associant à des modes de vie jugés indésirables et à une volonté supposée d’imposer certaines conduites. Moins protestataire et plus conservateur, le vote RN représente une tentative de défendre une norme sociale fragilisée. Cependant, une partie de cet électorat reste sceptique quant à la capacité du RN à effectuer des changements concrets s’il venait au pouvoir.1

Dans un climat délétère où les actes racistes et xénophobes augmentent au même rythme que le RN, il ne fait pas bon s’insurger contre des décisions stigmatisant les musulmans. C’est l’expérience qu’a faite la journaliste d’Arrêt sur images cette semaine, Nassira El Moaddem. Son tord? S’appeler Nassira et réagir virulemment contre l’interdiction de la Fédération française de football du port de collants et les casques au nom de la laïcité, par crainte que ces objets ne soient détournés pour en faire des signes liés à l’islam. Une discrimination religieuse, autrement dit. Le post de Nassira El Moaddem, « Pays de racistes dégénérés. Il n’y a pas d’autres mots. La honte. » tombe sous les yeux du présentateur de CNews Jean-Marc Morandini, qui reçoit en plateau le député RN Julien Odoul, et l’attaque est lancée dans une action coordonnée au sein des médias Bolloré, amplifiée par les réseaux sociaux via lesquels s’opère un harcèlement raciste continu depuis plusieurs jours. Alors qu’une partie seulement du monde du journalisme a témoigné son soutien à Nassira El Moaddem, on s’interroge sur la comptabilité du système Bolloré avec la démocratie.2

Sur LCI, une journaliste en promotion pour un livre sur la laïcité, Abnousse Shalmani, a tenu des propos faux et stigmatisants sur l’immigration maghrébine. Sans aucune source solide, elle a ainsi affirmé que les filles musulmanes sont poussées à ne pas réussir à l’école pour éviter le rejet de leur communauté. Sans remise en question des animateurs, la séquence a déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Les travaux de chercheurs qui ont étudié les trajectoires scolaires des enfants issus de l’immigration démontrent le contraire. Yaël Brinbaum, sociologue, et Mathieu Ichou, démographe, par exemple, ont réalisé des études sérieuses sur la question et ont constaté l’engagement des parents immigrés dans la réussite scolaire de leurs enfants.3

La liberté d’expression, qui ne peut plus dire quoi ?

« Quelle est la valeur de la parole internationale de la France quand elle-même met en place une police de la pensée qui en incrimine le sens et les termes ? » Dans une tribune récente, Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’homme, et Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, entre autres, réagissent à une déclaration conjointe d’Emmanuel Macron, du roi de Jordanie et du président égyptien, appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et mettant en avant le respect du droit international. Cette tribune pointe les contradictions entre ces déclarations et le contexte répressif en France, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, attaquée à travers les procédures pour apologie du terrorisme, permis par une loi de 2014 intégrant l’apologie du terrorisme à la procédure commune. Un texte dangereux qui a permis le contournement des protections historiques de la liberté de la presse et des prescriptions de la Convention européenne des droits de l’homme. Dans ces procédures, l’objet des poursuites repose « sur l’utilisation de mots consacrés par le droit international : colonialisme, appropriation des terres dans les territoires occupés, résistance à l’occupation, dénonciation de crimes commis. C’est au mépris des textes internationaux intégrés à la hiérarchie des normes françaises que des instructions ont pu être données par la chancellerie au parquet de poursuivre de tels propos. » Et de rappeler que la critique de la politique d’un État, quel qu’il soit, est un droit fondamental dans toute société démocratique.4

« La remise en question des libertés fondamentales au sein du Conseil des sages interroge sur l’état des mœurs démocratiques. » Au nom du pluralisme, Alain Policar avait été nommé par Pap N’Dye au Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République (CSL), suscitant une campagne contre lui. Un an plus tard, profitant de son interview sur RFI, une nouvelle campagne calomnieuse visant à discréditer Alain Policar et d’obtenir son éviction a été menée par plusieurs groupes, notamment le réseau d’enseignants du secondaire Vigilance Collèges Lycées, le réseau Vigilance Universités, l’Observatoire des idéologies identitaires, le magazine Marianne, et dans une moindre mesure, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Dominique Schnapper, présidente du CSL, a elle-même demandé le départ d’Alain Policar. La décision de le démettre est une mesure autoritaire qui soulève des questions sur l’état de la démocratie au sein des institutions. Les membres du CSL peuvent-ils exprimer leurs convictions sans entrer en contradiction avec la fonction du Conseil ? Au nom du pluralisme, cette tribune défend le droit des membres d’exprimer des opinions divergentes, condamne fermement l’exclusion d’Alain Policar et critique l’intention de promouvoir une vision monolithique et dogmatique de la laïcité.5

France Inter n’est plus Charlie. Suite à la reprise de sa blague sur Netanyahu, dimanche dernier, Guillaume Meurice a reçu une convocation pour faute grave avec menace de licenciement. Cette blague lui avait valu une sanction par la direction de Radio France en novembre dernier et des poursuites judiciaires pour « provocation à la violence et à la haine antisémite » et « injures publiques à caractère antisémite » qui ont toutes été classées sans suite par le parquet de Nanterre. L’information diffusée sur les réseaux sociaux a provoqué une grande consternation. « Dans son obsession visant à faire taire l’humour politique sur l’antenne, la direction va jusqu’à s’asseoir sur une décision de justice », fustige un salarié. L’émission de Charline Vanhoenecker risque de ne pas tenir très longtemps, d’autant plus que son budget a été revu à la baisse.6

Vers une programmation sans aspérités. Les portraits de Charlotte Perry et les reportages d’Antoine Chao, anciens de l’équipe de l’émission mythique Là-bas si j’y suis, souvent associée à la gauche politique, la Librairie francophone d’Emmanuel Khérad et l’émission sur l’environnement et le climat de Mathieu Vidard, La Terre au carré, seront déprogrammés. Ces décisions suscitent une réaction sans précédent, avec une union entre la Société des producteurs de France Inter et la Société des journalistes de la station. Ces deux entités dénoncent une atteinte à l’identité de France Inter, et aux valeurs de liberté d’expression et de pluralisme. La direction de France Inter justifie ces décisions par des raisons économiques et une volonté de clarifier la grille de programmation. Cependant, ces changements suscitent des interrogations sur l’indépendance éditoriale de la station et sur l’influence des pressions extérieures, notamment des critiques sur les réseaux sociaux, pour une ligne éditoriale plus lisse, moins en phase avec les réalités sociales. Selon un salarié, les directions de France Inter et de Radio France « tremblent devant les posts de @medias_citoyens », un compte anonyme sur X qui attaque régulièrement la station publique la jugeant « trop critique envers le gouvernement », et particulièrement l’émission La Terre au carré qualifiée « d’extrême gauche ». Est ainsi en jeu l’avenir de France Inter en tant que service public, son identité éditoriale et sa capacité à résister aux pressions externes tout en préservant son engagement pour la diversité des voix et des opinions.7

Pour la Palestine, la mobilisation étudiante prend en main l’inaction des pouvoirs politiques

Au sujet du blocus de Sciences Po, Jean Bassères, l’administrateur provisoire, navigue à vue entre répression et négociation. Alors qu’il avait dans un premier temps fait appel aux forces de l’ordre pour évacuer les étudiants mobilisés pour la Palestine, Jean Bassères a adopté le principe de la négociation vendredi 26 avril, soulevant de nombreuses critiques sur la levée des sanctions disciplinaires. « L’alternative était donc de trouver une solution de négociation fondée sur un compromis qui puisse éventuellement permettre aux étudiants mobilisés de prendre des engagements au-delà de la question même de l’occupation. C’est cette voie étroite que j’ai choisie. […] Ma main ne tremblera pas pour mettre un terme à des pratiques qui violent les droits les plus fondamentaux. »8 Un débat interne a ainsi été organisé, le 2 mai, pour tenter de résoudre la crise, sans parvenir à calmer les tensions. Face au refus de la direction de rompre ses partenariats avec des institutions israéliennes, les étudiants mobilisés ont repris le blocage. Sous pression, Jean Bassères a fait appel aux forces de l’ordre le 3 mai au matin.9

Les réactions au blocage de Sciences Po ont été particulièrement virulentes de la part de la classe politique, des médias et même de certains enseignants. Fustigeant l’emprise fantasmée d’une « idéologie venue d’outre-Atlantique », le premier ministre Gabriel Attal adopte la rhétorique anti-wokiste de l’extrême-droite, qui « aura réussi à imposer en quelques années ce concept creux servant à discréditer pêle-mêle les antiracistes, les féministes, les militants LGBT ou les écologistes. Et donc désormais – miracle de la plasticité du vide – les propalestiniens. »10 C’est avec une rhétorique semblable que la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a pris la décision inédite, sans aucune concertation, de suspendre les crédits décidés en accord avec l’État, ainsi que les subventions pour certains projets de l’école.

Post de Valérie Pécresse sur X, le 29 avril 2024

« On n’a à prévenir personne », se justifie-t-on dans l’entourage de Pécresse. « C’est lunaire, à croire que la raison a définitivement quitté les décisions politiques », commente une élue communiste.11 Lui emboîtant le pas, le LR François-Xavier Bellamy, tête de liste aux élections européennes, a demandé la suppression du financement public de Sciences Po. Une demande inconséquente, comme le relèvent Les Surligneurs. Sciences Po est un établissement public chargé d’un service public, financé en grande partie par des subventions publiques. La suppression des subventions publiques signifierait la remise en question du service public lui-même et nécessiterait de revoir le statut de Sciences Po en tant qu’opérateur de l’État. Cela ferait de Sciences Po une entité privée dépendant uniquement des frais de scolarité et des dons, ramenant l’établissement à son statut d’avant-guerre où l’école reposait sur un élitisme financier.12

Alors que la contestation étudiante s’étend à d’autres universités ou écoles supérieures, l’incompréhension du monde politico-médiatique ne fléchit pas. La majorité des instituts d’études politiques, certaines universités ou écoles comme l’ESJ de Lille se mobilisent en soutien à la Palestine avec des revendications claires : le cessez-le-feu et la rupture des partenariats avec les universités israéliennes. La ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau prône la fermeté, y compris par des sanctions et le recours à la force.13 Sur les plateaux des médias mainstream, les représentants des étudiants mobilisés sont décridibilisés sur fond d’accusations d’antisémitisme et d’inculture. C’est peut-être dans la matinale de France Culture, le 2 mai, que l’on a pu enfin entendre et défendre la voix des étudiants avec un plateau réunissant l’historien et maître de conférences à l’université Columbia Thomas Dodman, le chercheur au Ceri-Sciences Po Laurent Gayer, et Hicham, étudiant à Sciences Po et membre du Comité Palestine.14 Cette mobilisation, motivée par un sentiment d’injustice et « une insensibilité du monde » (Thomas Dodman) face à Gaza se distingue par son fondement juridique solide et son appel à l’action pour protéger le droit international. « Les étudiants sont en train de prendre en leurs mains le manque d’action des pouvoirs politiques avec des moyens pacifiques, avec une créativité, avec une diversité de profils qui fait peur, parce qu’elle promet quelque chose de nouveau, qui remet en question la façon dont les choses se font actuellement », souligne ainsi Thomas Dodman.

Élections européennes : l’extrême-droite a le vent en poupe, Renaissance souffle dans ses voiles

Le paysage politique français pour les élections européennes de 2024 évolue vers une approche plus nuancée de la question européenne, dépassant l’opposition des pro-européens et des anti-européens. Les différents projets présentés reflètent un spectre allant du fédéralisme au souverainisme raisonné. Dans ce contexte, l’enjeu de l’extrême droite, représentée par le Rassemblement national et Reconquête, est de devenir une force significative au Parlement européen. La France pourrait ainsi devenir le principal pourvoyeur de députés d’extrême droite, influençant les politiques européennes vers un agenda conservateur sur des questions telles que l’immigration, les droits des femmes et des minorités, et la protection de l’environnement.15

Le discours de Macron sur l’Europe sera décompté du temps de parole de Renaissance. Sept ans après le premier discours sur l’Europe à la Sorbonne, Emmanuel Macron, dont la candidate aux Européennes est en difficulté dans les sondages, a renouvelé l’exercice le 25 avril, martelé d’un dramatique « l’Europe peut mourir ». « Pour permettre à l’Europe de ne pas disparaître, il faut répondre par la puissance, la prospérité et l’humanisme », a-t-il dit en guise de programme.16 S’adressant au débat national, il s’est d’abord félicité du Pacte Asile et Immigration, dont le caractère liberticide suscite pourtant de nombreuses inquiétudes.

Non sans contradiction avec le dispositif policier et le bouclage du quartier de la Sorbonne, Emmanuel Macron a consacré une partie de son discours à la promotion de la démocratie libérale, mise à mal en Europe, s’arrêtant au passage sur la question de l’identité et de la culture européenne, un artifice récurent pour masquer l’absence de projet politique pour l’Europe. Reste des propositions de mesures de défense, d’économie, de fiscalité dont le succès est incertain. Pêle-mêle, il propose une défense commune incluant le nucléaire, la réindustrialisation verte pour supporter la décarbonations et assurer l’autonomie alimentaire, un choc d’investissement pour financer les transitions en cours, (défense, intelligence artificielle et décarbonation), le doublement du budget de l’UE financé sur les recettes de la taxe carbone, l’union des marchés de capitaux dans un an, permettant d’investir l’épargne européenne dans l’économie européenne et de mobiliser davantage de capitaux privés. Le « changement paradigmatique », appelé de ses vœux par un Emmanuel Macron peu crédible aux yeux des partenaires européens, n’est pas pour demain. Saisi par deux partis d’opposition et des chaînes de télévision, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’Arcom, a décidé que ce discours d’Emmanuel Macron serait décompté comme du temps de parole dans le cadre des élections européennes.17

« La poussée du RN, c’est un échec collectif. C’est l’échec de tous les républicains qui combattent l’extrême droite. » La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet se livre lors d’un entretien dans Le Parisien18 l’occasion de nous rappeler qu’elle joue un jeu trouble. Ainsi, elle n’a aucune problème avec les couvre-feux pour les mineurs. Malgré les critiques, elle affirme que l’Assemblée travaille efficacement et envisage d’élargir les sanctions contre les députés qui enfreignent le règlement. Concernant les élections européennes, la présidente qui a œuvré pour imposer deux présidents RN à l’Assemblée et apprécie la « bienséance » de son « ami » Sébastien Chenu (RN), déplore la montée du parti d’extrême-droite faisant porter la responsabilité sur l’ensemble de l’échiquier politique, ce qui témoigne d’une certaine mauvaise foi tant la stratégie présidentielle a été de le promouvoir. Mais elle rejette l’idée d’une dissolution en cas de victoire du RN aux Européennes et refuse de spéculer sur une éventuelle motion de censure. Et de donner des leçons de démocratie à propos de Jordan Bardella, « quelqu’un qui n’assume pas son bilan, qui ne fait pas campagne, qui ne présente pas de programme, qui refuse de répondre aux questions de la presse, qui surnationalise une élection qui n’a rien à voir avec la politique nationale. »

Renaissance continue de jouer aux apprentis sorciers. Inquiets du monstre qu’ils ont créé, les tenants de la majorité présidentielle ont une stratégie pour faire baisser le RN, annoncé en force aux élections européennes alors que leur tête de liste, Valérie Hayer, est à la peine dans les sondages. Ils ne cherchent pas forcément à faire monter le score de la candidate mais à faire baisser celui de Jordan Bardella. Le plan? Respectabiliser Marion Maréchal-Le Pen pour disperser les voix de l’extrême-droite. « Face au RN, on essaye de faire monter Marion Maréchal. On la considère, on fait des débats avec elle », assume une ministre en référence au débat organisée entre Hayer et Maréchal-Le Pen sur CNews.19

Lorsque des chercheurs se font idéologues, l’extrême-droite se lèche les babines

L’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires fondé fin 2020 est enfin en crise. Trois ans plus tard, son bilan est remis en question, notamment en raison de rumeurs concernant un soutien financier de la part du fonds du Bien Commun, une organisation philanthropique dirigée par le milliardaire d’extrême-droite Pierre-Edouard Stérin. Cette rumeur soulève des préoccupations au sein du collectif quant à l’objectivité et à l’indépendance de l’Observatoire, qui fut très soutenu par l’ancien et controversé ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer. De plus, les termes « wokisme » ou « islamo-gauchisme », initialement destinés à critiquer les champs de recherche s’intéressant aux minorités, aux discriminations, au genre, ont été rapidement récupérés par les milieux d’extrême-droite pour disqualifier leurs opposants. Certains membres regrettent ainsi que l’Observatoire se soit éloigné de ses objectifs initiaux en adoptant des comportements similaires à ceux qu’il critiquait, notamment en cédant à l’idéologie au détriment de la rigueur académique. Porté par des chercheurs et enseignants-chercheurs tels que Xavier-Laurent Salvador, Pierre-André Taguieff, Pierre Vermeren ou encore Nathalie Heinich, l’Observatoire s’est lui-même engagé dans une surenchère idéologique, éloignant son objectif initial de défendre les sciences et l’universalisme. Mais était-ce bien le projet originel ?20

Un rapport de la Fondapol et de l’Observatoire de l’immigration, rédigé par l’ancien préfet Michel Aubouin, prétend que les étrangers extra-européens sont surreprésentés dans le logement social en France. Il avance des chiffres discutables et évoque une prétendue « préférence étrangère » dans l’attribution des logements sociaux, suggérant même un moratoire sur leur construction. En réalité, les critères d’attribution sont liés aux revenus, et environ 20 % des ménages immigrés occupent ces logements, dont beaucoup sont des Français. La Fondapol, dirigée par Dominique Reynié, est critiquée pour son manque de rigueur scientifique et ses insinuations xénophobes. Mais cela n’a pas semblé déranger le Rassemblement National qui a fait de ce rapport un argument pour ses positions anti-immigration pendant la campagne des européennes, bien que le logement social ne soit pas du ressort de l’Union européenne. Malgré la crise du logement aggravée par les coupes budgétaires depuis 2018, cette instrumentalisation est dénoncée par les acteurs du secteur.21

La démocratie se construit avec toutes et tous

« Nous avons le choix entre reprendre en main le narratif des quartiers face aux discours fascisants ou laisser la place à l’extrême droite. » Le 27 avril, a eu lieu le lancement de l’Assemblée des quartiers dont l’objectif est de s’organiser et de former de nouvelles générations de militants politiques. Lancé par Youcef Brakni, membre du Comité vérité et justice pour Adama, et Magda Jouini, administratrice du Front de mères, le mouvement dénonce l’instrumentalisation politique et médiatique des quartiers populaires et des jeunes qui y résident. Il vise ainsi à prendre le pouvoir politiquement en soutenant des listes autonomes aux élections municipales de 2026. Pensée comme une sorte de syndicat des quartiers, l’Assemblée entend également exercer une pleine solidarité entre les acteurs des quartiers et accompagner les initiatives locales. Parmi les membres actifs du mouvement se trouvent Almamy Kanouté, activiste de Fresnes et fondateur de l’association Attitude, ainsi que Zouina Meddour, ancienne militante du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB). Malgré les défis à relever, les membres de l’Assemblée des quartiers sont déterminés à construire un mouvement fort et mobilisateur pour représenter les intérêts des habitants des quartiers populaires.22

« Construire une juste représentation, c’est ouvrir un nouveau champ des possibles, permettre l’émergence de nouvelles idées et stratégies, c’est puiser dans l’intelligence populaire pour penser différemment le monde. » À l’occasion du 1er Mai 2024, le projet « Démocratiser la politique » publie sa première note de synthèse sur la notion de parité sociale, qui émerge comme une extension de la parité femmes-hommes. Liée à des luttes anciennes pour la représentation politique et la critique sociale de la démocratie, cette notion est employée de façon pionnière par Julia Cagé lorsqu’elle propose une règle de parité pour les listes de chaque parti. Le contexte de critique de la démocratie représentative et de recherche d’élargissement du recrutement des élus est centrale dans l’émergence de cette notion. Historiquement, l’accès à la représentation politique était restreint aux notables, excluant femmes et classes populaires. Plus récemment, les mouvements sociaux comme les Gilets Jaunes ont alimenté ce débat en critiquant l’homogénéité sociale des élus. La parité sociale, qui intègre d’autres axes de discrimination, tient son importance à l’ouverture de nouvelles perspectives pour une société plus juste et égalitaire.23

Les mauvais calculs du néolibéralisme

Recul sur la suppression des heures supplémentaires dans le secondaire. Deux semaines après que Gabriel Attal a annoncé que les élèves de collèges et lycées devraient être dans les établissements de 8h à 18h, les rectorats ont informé les chefs de collèges une reprise de moyens. La conséquence : la suppression d’heures supplémentaires attribuées aux établissements pour des projets pédagogiques, notamment le dispositif « Devoirs faits », une étude destinée aux élèves érigée au rang des priorités par Emmanuel Macron. En 2023, le budget pour les heures supplémentaires a augmenté de 6,9 millions d’euros, atteignant ainsi 333 millions d’euros. Cet accroissement a été dédié en partie à la mise en place des stages de remise à niveau et du programme « Devoirs faits », selon la Cour des comptes. Face au tollé, le ministère de l’Éducation a reculé.24

Dans un rapport récent sur la rémunération des patrons du CAC 40, Oxfam dénonce des excès démesurés alors que la pauvreté ne cesse de croître. Celle-ci concerne 14,5 % de la population, soit plus de 9 millions de personnes. Oxfam détermine que les grands patrons ont gagné en moyenne 130 fois plus que leurs salariés et s’élevait à environ 6,66 millions d’euros en 2022, soit une augmentation de 27 % par rapport à trois ans auparavant. L’écart le plus considérable de rémunération a été constaté chez Teleperformance, dont le PDG a gagné 1 453 fois plus que le salaire moyen de l’entreprise, totalisant 19,7 millions d’euros. Chez Carrefour, c’est 426 fois, et chez Stellantis, 341 fois. De plus, l’étude souligne une grande disparité entre les hommes et les femmes aux postes de direction, avec les hommes PDG gagnant 2,4 fois plus que leurs homologues féminines (10 fois plus que dans l’ensemble du secteur privé), et seulement deux femmes PDG dans l’ensemble des entreprises du CAC 40. Parmi les salariés les mieux rémunérés, l’égalité hommes-femmes n’est pas réelle.25

Soupçons de fraude fiscale dans la famille Muliez. Lancée en lancée en 2012 après la plainte d’un ex-membre de la famille, l’enquête judiciaire pour fraude fiscale cible plusieurs membres de la famille Mulliez, à la tête d’un empire de la distribution incluant Auchan, Decathlon, Leroy Merlin et Boulanger. En jeu : les structures complexes du groupe et des prêts opaques accordés à des sociétés étrangères et à des membres de la famille. Trois structures financières sont mises en cause pour blanchiment de fraude fiscale. Les enquêteurs ont effectué des perquisitions et plusieurs membres de la famille ont été mis en examen.26

En 2023, le Médiateur national de l’énergie rapporte un nombre record d’interventions pour impayés d’énergie en France, dépassant le million pour la première fois depuis 2015. Ce chiffre est en hausse de 3 % par rapport à 2022, et de 49 % par rapport à 2019. Plus de 25 % de ces interventions ont entraîné des coupures, soit environ 178 000 pour l’électricité et près de 87 300 pour le gaz, bien que de plus en plus de fournisseurs optent pour des limitations de puissance électrique. Le médiateur appelle à un accès minimal à l’électricité toute l’année, soulignant les conséquences sociales des coupures et plaidant pour des solutions alternatives.27

Climat, toujours dans l’indifférence des décisionnaires

Une vague de chaleur intense frappe l’Asie du Sud-Est, exacerbant les inégalités sociales. En Thaïlande, les températures dépassent les 44°C, affectant particulièrement les personnes vulnérables, comme les personnes âgées et les travailleurs pauvres. Les écoles au Bangladesh ont été fermées en raison des températures dépassant 43°C, tandis que les Philippines ont suspendu les cours dans les écoles publiques. « Aujourd’hui, non, ce n’est pas vraiment supportable. Beaucoup de personnes se plaignent de maux de tête. Et pour les étudiants qui sont victimes d’hypertension artérielle, ce sont les plus affectés », commente une étudiante aux Philippines décrivant les effets de la chaleur. Les météorologues avertissent que de telles vagues de chaleur se multiplieront avec le réchauffement climatique, ajoutant aux défis déjà existants comme les cyclones et les inondations.28

Notes

  1. 1er mai 2024, Xavier de La Porte, « On a tendance à mettre dans l’ombre, voire à évacuer, la question du racisme des électeurs du RN. Entretien avec Félicien Faury », Le Nouvel Obs, https://www.nouvelobs.com/idees/20240501.OBS87826/on-a-tendance-a-mettre-dans-l-ombre-voire-a-evacuer-la-question-du-racisme-des-electeurs-du-rn.html ↩︎
  2. 3 mai 2024, Paul Aveline, « En soutien à Nassira El Moaddem », Arrêt sur images, https://www-arretsurimages-net.bnf.idm.oclc.org/chroniques/la-vie-du-site/en-soutien-a-nassira-el-moaddem ↩︎
  3. 1er mai 2024, Pauline Bock, « Élèves musulmanes : “mensonge” et “stigmatisation” sur LCI », Arrêt sur images, https://www.arretsurimages.net/articles/eleves-musulmanes-mensonge-et-stigmatisation-sur-lci ↩︎
  4. 29 avril 2024, « Critiquer la politique d’un État est un droit fondamental et ne saurait constituer une apologie du terrorisme », Le Monde, https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/04/27/critiquer-la-politique-d-un-etat-est-un-droit-fondamental-et-ne-saurait-constituer-une-apologie-du-terrorisme_6230186_3232.html ↩︎
  5. 30 avril 2024, Tribune collective, « Exclusion d’Alain Policar du Conseil des sages de la laïcité : “Cet acte d’autorité interroge sur l’état des mœurs démocratiques” », Le Monde, https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/04/30/exclusion-d-alain-policar-du-conseil-des-sages-de-la-laicite-cet-acte-d-autorite-interroge-sur-l-etat-des-m-urs-democratiques_6230768_3232.html ↩︎
  6. 3 mai 2024, Yunnez Abzouz, « Avis de tempête à France Inter, où la rédaction subit une remise au pas à marche forcée », Médiapart, https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/030524/avis-de-tempete-france-inter-ou-la-redaction-subit-une-remise-au-pas-marche-forcee ↩︎
  7. 3 mai 2024, Aude Dassonville, « À France Inter, journalistes et producteurs s’inquiètent pour leur liberté d’expression », Le Monde, https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/03/a-france-inter-journalistes-et-producteurs-s-inquietent-pour-leur-liberte-d-expression_6231399_3234.html ↩︎
  8. 0 avril 2024, Soazig Le Nevé, « Occupation de Sciences Po Paris par des étudiants propalestiniens : la direction défend la “voie étroite” du “compromis” », Le Monde, https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/04/30/occupation-de-sciences-po-paris-par-des-etudiants-propalestiniens-la-direction-defend-la-voie-etroite-du-compromis_6230678_3224.html ↩︎
  9. 0 avril 2024, Soazig Le Nevé, « Occupation de Sciences Po Paris par des étudiants propalestiniens : la direction défend la “voie étroite” du “compromis” », Le Monde, https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/04/30/occupation-de-sciences-po-paris-par-des-etudiants-propalestiniens-la-direction-defend-la-voie-etroite-du-compromis_6230678_3224.html ↩︎
  10. 29 avril 2024, Lucie Delaporte, « Soutien à la Palestine : Gabriel Attal agite l’épouvantail wokiste », Médiapart, https://www.mediapart.fr/journal/politique/290424/soutien-la-palestine-gabriel-attal-agite-l-epouvantail-wokiste ↩︎
  11. 29 avril 2024, Mathilde Goanec et Ellen Salvi, « Valérie Pécresse suspend plus d’un million d’euros de subventions à Sciences Po Paris », Médiapart, https://www.mediapart.fr/journal/france/290424/valerie-pecresse-suspend-plus-d-un-million-d-euros-de-subventions-sciences-po-paris ↩︎
  12. 2 mai 2024, Jean-Paul Markus, « Blocus de Sciences Po : François-Xavier Bellamy (LR) demande de “stopper les financements publics” de l’établissement », Les Surligneurs, https://www.lessurligneurs.eu/blocus-de-sciences-po-francois-xavier-bellamy-lr-demande-de-stopper-les-financements-publics-de-letablissement/ ↩︎
  13. 2 mai 2024, Marie-Christine Corbier, « Gaza : le gouvernement pour au renvoi temporaire des “fauteurs de troubles” dans les universités », Les Échos, https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/gaza-le-gouvernement-pousse-au-renvoi-temporaire-des-fauteurs-de-troubles-dans-les-universites-2092615 ↩︎
  14. 2 mai 2024, « De Columbia à Sciences Po : les étudiants en première ligne des mobilisations pro-palestiniennes », La matinale, France Culture, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/france-culture-va-plus-loin-l-invite-e-des-matins/de-columbia-a-sciences-po-les-etudiants-en-premiere-ligne-des-mobilisations-pro-palestiniennes-8806009 ↩︎
  15. 25 avril 2024, Théo Verdier, « Européennes 2024 : “La France serait le premier pourvoyeur de députés d’extrême droite au Parlement européen” », Libération, https://www.liberation.fr/forums/europeennes-2024-la-france-serait-le-premier-pourvoyeur-de-deputes-dextreme-droite-au-parlement-europeen-par-theo-verdier-20240425_DMWLW6NB7NATLGB3XVTWC2MLZA/ ↩︎
  16. 26 avril 2024, Virginie Malingre et Philippe Picard, « Discours de la Sorbonne : à quarante-cinq jours des élections, les grandes ambitions de Macron pour l’Europe », Le Monde, https://www.lemonde.fr/international/article/2024/04/25/discours-de-la-sorbonne-a-deux-mois-des-elections-les-grandes-ambitions-de-macron-pour-l-europe_6229883_3210.html ↩︎
  17. 3 mai 2024, La Croix avec AFP, « Européennes : le discours de Macron sera compté dans le temps de parole de Renaissance », La Croix, https://www.la-croix.com/france/europeennes-le-discours-de-macron-sera-compte-dans-le-temps-de-parole-de-renaissance-2024050 ↩︎
  18. 27 avril 2024, Pauline Théveniaud et Marcelo Wesfreid, « “La poussée du RN, c’est un échec collectif” : les vérités de Yaël Braun-Pivet », Le Parisien, https://www.leparisien.fr/politique/la-poussee-du-rn-cest-un-echec-collectif-ambitions-et-combats-les-verites-de-yael-braun-pivet-27-04-2024-RK4VEKMG3RGSNC63U4BUFZGHE4.php? ↩︎
  19. 29 avril 2024, Chez Pol et Sylvain Chazot, « Contre le RN, la macronie veut faire monter Marion Maréchal », Libération, https://www.liberation.fr/politique/contre-le-rn-la-macronie-veut-faire-monter-marion-marechal-20240429_T5WBJLZ5IJDKFC3IFZ2ZS4ECVU/ ↩︎
  20. 28 avril 2024, Alix L’Hospital, « Financement, divergences, méthodes : comment l’Observatoire du décolonialisme s’est enfoncé dans la crise », L’Express, https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/financement-divergences-methodes-comment-lobservatoire-du-decolonialisme-sest-enfonce-dans-la-crise-2KFI7WNBKBHSPPMF63GV6VXGN4/ ↩︎
  21. 26 avril 2024, Lucie Delaporte, « L’extrême droite fait du logement social son nouveau cheval de bataille », Médiapart, https://www.mediapart.fr/journal/politique/260424/l-extreme-droite-fait-du-logement-social-son-nouveau-cheval-de-bataille ↩︎
  22. 29 avril 2024, Louise Couvelaire, « Une Assemblée des quartiers pour « peser » dans le débat public », Le Monde, https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/04/27/l-assemblee-des-quartiers-une-tentative-d-union-pour-enfin-peser-dans-le-debat-public_6230299_3224.html ↩︎
  23. 1er mai 2024, Démocratiser la politique, « La parité sociale, ça sort d’où ? », note 0-01, coll. « Tour d’horizon et définitions », https://democratiserlapolitique.org/la-parite-sociale-ca-sort-dou/ ↩︎
  24. 1er mai 2024, Marie-Christine Corbier, “Heures supplémentaires des enseignants : le gouvernement recule face au tollé”, Les Échos, https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/exclusif-les-heures-supplementaires-des-enseignants-reduites-sans-delai-pour-faire-des-economies-2092390 ↩︎
  25. 30 avril 2024, Le Monde avec AFP, « Selon Oxfam, les dirigeants du CAC 40 ont gagné en moyenne 130 fois plus que leurs salariés en 2022 », Le Monde, https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/30/selon-oxfam-les-dirigeants-du-cac-40-ont-gagne-en-moyenne-130-fois-plus-que-leurs-salaries-en-2022_6230742_3234.html ↩︎
  26. 1er mai 2024, Le Monde avec AFP, « Plusieurs membres de l’empire Mulliez mis en examen pour des soupçons de fraude fiscale”, Le Monde, https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/05/01/plusieurs-membres-de-l-empire-mulliez-mis-en-examen-pour-des-soupcons-de-fraude-fiscale_6231006_3224.html ↩︎
  27. 26 avril 2024, Le Monde avec AFP, « Gaz et électricité : les interventions pour factures impayées ont dépassé le million en France en 2023 », Le Monde, https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/26/gaz-et-electricite-les-interventions-pour-factures-impayees-ont-depasse-le-million-en-france-en-2023_6230063_3234.html ↩︎
  28. 30 avril 2024, RFI, « La vague de chaleur en Asie du Sud-Est exacerbe les inégalités sociales », RFI, https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20240430-vague-de-chaleur-en-asie-du-sud-thailande-bangladesh-in%C3%A9galit%C3%A9s-sociales-ecoles ↩︎